19 décembre, 2006

Je hais les pharmaciennes

J'ai d'abord et longtemps haï les boulangères ( les boulangers on les voit pas, ils suent au fournil, à la cave, on n'imagine pas la quantité de sueur de boulanger qui entre dans la fabrication du pain ). La boulangère a le rimmel qui fond dès neuf heures du mat, qu'on dirait un raton-laveur.
- Bonjour, un campagne s'il vous plait
- Un campagne ! ( une octave au-dessus ) : J'vous l'coupe?
- Pourquoi ? il se coupe mal, il est pas frais ?
Surprise et écoeurée :
- Mais non, il sort du four !
- Non ! tu le coupes pas, connasse, tu vas me faire payer au prix du pain le coup de tranchoir et le sac en plastique que tu vas fermer de manière à ce qu'on ne puisse plus, nous, le refermer après, que je rêvais de lui dire à l'enfarinée...La seul chose que je lui disais, c 'était de pas lécher son doigt avant de prendre la feuille de papier pour l'envelopper, mon pain...
Je n'ai donc plus d'embarque contre les boulangères depuis que je mange du Poilâne. Contrairement à ce qu'on croit, ça coûte moins cher et en plus on le mange jusqu'à la dernière miette, on n'en jette pas, il se conserve, lui ... A se demander si on leur apprend pas, aux boulangers du coin, à faire du pain qui rassit dans l'heure, pour en revendre du frais le lendemain !

Maintenant, encore que les deux haines furent un temps concomitantes, je ne hais plus que les pharmaciennes. Les pharmaciennes ? Oui car les pharmaciens se font rares, la profession se féminise. Ca devient un passe-temps, un ouvrage de dame, un travail d'appoint, pour améliorer le salaire du mari... Alors je les taquine un peu. Ma victime préférée c'est celle du bas de l'Hôpital, en face des Pompes Funèbres, celle qui ressemble à Alliot-Marie et qui deale du Néo-Codion à tous les gamins du quartier, je sais, je vois les boites dans les caniveaux alentour de son officine, de quoi calmer tous les catarrhes d'Ile de France...
- Bonjour, je voudrais une boite d'aspirine - (j'en ai pas besoin, j'en ai toujours en réserve) .
- Voilà !
et d'essayer, à chaque fois, de me fourguer de l'effervescent vitaminé hors de prix sans même me demander si j'aime les bulles et si je suis carencé...
- Non, réponds-je, je veux de l' aspirine normal, du Rhône, en comprimés.
- Mais généralement quand les gens demandent de l'aspirine ils veulent de l'UPSA.
- Bon, on efface tout, que je lui dis. D'abord, je suis pas "les gens" et je voudrais de l' acide acétylsalicylique avec un excipient en QSP!

Elle est pas habituée l'épicière Bac + 7 à ce qu'on lui cause comme ça. Elle a bien compris que je la moque, tourne les talons, grimpe sur un escabeau, et d' un tiroir du genre où l'on cache les trucs pas clairs où elle plonge le bras, elle extirpe à taton, avec peine, au risque d'une glissade, une boîte d 'Aspirine Rhône Poulenc. Elle est effarée, car je vérifie ostensiblement la date de péremption...

Ce soir c'est pas de l' Aspirine que je lui demande, c'est du Xolaam, le générique du Maalox... (ceux qui ont l'estomac en capilotade connaissent) du Xolaam en solution. Bien sûr, elle en a pas, et d'autorité, elle me refile du Maalox.
Je pique ma crise.
- Du générique que je veux ! Commerçante !
Elle est pas contente que je la traite de commerçante. Elle me dégote une boite de Xolaam en tablette. Elle veux que je parte ! Je prends. Je paye . Demain je retourne lui demander de l' Éconazol...

6 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est amusant le principe des médicaments génériques. Le plus marrant, c'est qu'ils ne sont pas toujours moins cher que les pas génériques. Si si, c'est vrai!
Marie.

P. P. Lemoqeur a dit…

Ah mais, je sais. Sauf que, je me renseigne, avant d'emmerder le monde et les pothardes. Je compare,je teste, je mets en concurrence. Hier soir, j'ai même failli négocier, vu que les génériques, ils sont pas au même prix chez tout le monde... Ce sera pour la prochaine fois.

Anonyme a dit…

C'est quoi cette attitude de snob prétentieux qui cherche juste à se la péter? C'est minable.

Anonyme a dit…

Beaucoup d'erreurs dans tes propos.
Les génériques, remboursés par la sécu+mutuelle, sont absolument tous au meme prix dans toutes les pharmacies. Tout comme les medicaments princeps (les non génériques).
Pour les OTC (medic dispo sans ordonnances), la plupart des prix sont également imposés.
Par ailleurs, le Néocodion, est un médic dispo sans ordonnance, donc pas de trafic de la part de ta pharmacienne. Et comme elle n'a pas le droit de regarder la gorge des patients (acte medical), elle ne peut lui refuser sa demande.

Pour finir, tu dénigres, formidable. Mais tu fais quoi de mieux dans ta vie toi ?

P. P. Lemoqeur a dit…

Oh la , c'est vieux tout ça !

Bon, d'abord, soyons clairs, ma poule! je ne fais pas, comme tu dis misérablement, que dénigrer, si tu me lis attentivement, tu verras que je dis aussi un tas de choses positives sur un tas de trucs que j'aime. En fait, c'est pas la peine, c'est pas pour toi, tu comprendras rien...

Mais alors, dis-moi, c'est pas possible, tu serais pharmacien, peut-être même simple préparateur que ça ne m'étonnerait pas, pour défendre autant ce fond de commerce, car visiblement mes propos sur les boulangères ne te choquent pas... Tu as la sensibilité, la revendication essentiellement "catégorielle" ! Ce que je raconte là, je l'ai raconté à un autre pharmacien de la ville et ça l'a bien fait rigoler,(elle est connue, sa collègue) car lui, quand on lui demande de l'aspirine il pose un tas de questions, rappelle que faut pas abuser, conseille avant de rapporter ces poisons qu'on lui demande, c'est même pour ça que les junkies ne viennent pas se ravitailler chez lui en Néocodion...Tu piges ?
Alors, je sais de quoi je cause même si ça t'emmerde. D'autant plus que ce que tu dis, je le sais, pas besoin de me faire dire ce que je ne dis pas. Je dis simplement qu'elle fait la gueule quand tu lui demandes un générique, parce que pour cette morue, si tu es présentable, tu demandes de l' Advil à cinq euros et si t'es un pauvre, un qui regarde, tu demandes de l'Ibuprofène générique à 1.92euro parce que tu fais de l'automédication. Et pourquoi , couillon? parce que t'as pas le choix... Maintenant, je suis persuadé que si tu venais chez elle avec une ordonnance de complaisance Dolosal-Largactil-Phenergan, elle te poserait pas de question pour les raisons que tu invoques et te refilerait sans sourciller de quoi éradiquer ta tante à héritage ou te supprimer sans problème... Voilà... Pense un peu mon grand avant de causer technique et de faire la morale...

Maintenant, je vais te raconter un truc que je n'avais pas dit. Un jour où j'allais lui acheter je ne sais lequel de ces médicaments de confort "déremboursés" qui lui font faire une bonne part de son chiffre, il y avait devant moi un gamin que j'avais vu tourner avant d'oser entrer. Il venait acheter ses premières capotes, le môme. J'ai beau respecter, comme à la Poste, la zone de confidentialité, j'ai bien vu et bien entendu... Au lieu de lui vendre des capotes de base, elle lui en a fourgué, c'était juste avant le passage à l'euro, pour soixante-quinze balles au petit queutard... Du Mannix de luxe avec réservoir et du lubrifiant, de quoi baiser la terre entière pour le même prix en se fournissant au monoprix du coin... J'ai failli intervenir, et puis comme ça risquait de gêner le môme, j'ai rien dit et j'ai eu raison.

Maintenant pour ce qui est de discuter des prix, je te signale que Madame Bachelot nous a invités tout récemment à le faire avec les toubibs, j'étais donc précurseur en voulant appliquer le truc aux pothards...

Alors, tu vois bien, glandu, je dénigre rien, je regarde et je raconte... Maintenant si ça t'amuse de causer comme un technocrate ou un pseudo scientifique en utilisant des acronymes, sache que ça me laisse de glace...

Ton problème en fait c'est il n'y a aucun médicament pour soigner la carence en humour et que le protocole est loin d'être au point et la recherche piétine. Pour ce qui est des greffes, impossible ! il n'y a, tu en es la preuve, que des rejets...

Allez sans rancune !

Claudius a dit…

Quelqu'un qui hait les commerçants n'est pas tout à fait mauvais.
Je dirais même que lui, il a un bon fond.
Personnellement, je ne détesterais pas jeter des pierres sur mon boucher ou sur mon épicière.

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