20 mai, 2010

Ce matin, j'ai pété un cable !

Mais non, je me suis pas énervé, j'ai pas piqué de colère, pas fait les pieds au mur, ni de caca nerveux, j'ai vraiment pété un câble, un câble de frein de ma bicyclette-merveille que Lesa m'a offerte. Bon, depuis quelques temps déjà, le freinage laissait à désirer. J'avais beau triturer des molettes, inverser les patins, j'en étais arrivé à freiner parfois avec les pieds, comme dans les films marrants, je m'appelais ça "freiner à la Darry Cowl !". Mais ce matin, clac ! plus rien ! Pas de problème ! me suis-je dit in petto et un peu présomptueux, en pleine euphorie postprandiale, je vais réparer ça moi-même avec une trousse à outil à vélo que j'avais depuis longtemps. Seulement, depuis, la technique ayant évolué, les câbles n'étaient plus au format, les clés non plus. Désespoir ! car le dernier boutiquier de vélos de la ville a fermé il y a six mois. Alors, je fais comment, moi, hein ? "A dix kilomètres d'ici en direction de Paris y en a un à Chelles" me dit une voisine. Je prends le vélo, je mets le vélo dans le train, je descends à Chelles, là où vécut la reine Bathilde (cf mes nombreuses références et allusions aux "Énervés de Jumiège" et au sublime Évariste-Vital Luminais) . Mais l'homme de l'art, à deux pas de la gare, ne fait plus le vélo. Scooters, qu'il fait le mec, scooters, uniquement, furieusement, avidement. Il est bien bon, il me dit qu'à quatre kilomètres d'ici, à Brou, y en a encore un qui fait ça, à l'ancienne, un artiste, un ermite, un saint, sur la nationale ! "Z'êtes sûr que le temps que j'arrive il aura pas pris sa retraite ?" que je lui demande au mec aux scooters. "Pas de danger" qu'il me répond, "je l'ai vu hier" et puis comme c'est plat et qu'il y a une piste cyclable de son magasin à celui du collègue, je peux y aller en roulant, j'aurai pas besoin de freiner. Et c'est vrai, vingt minutes après, j'arrive à destination. Une vraie boutique de vélo à l'ancienne, qui sent bon le caoutchouc, le cambouis, avec des roues nues accrochées au plafond, mais avec quand même une porte automatique. Le patron, un rebeu tout sympa qui a du connaître Eddie Merckx, si c'est pas Jacques Anquetil... ça nous rajeunit pas. Ok je lui laisse la chose, dans une heure ce sera fait. Une heure après, en gros, après être allé dans un jardin public très laid, tout pelé, regarder des gens jouer à la pétanque ou bien à la lyonnaise, je sais pas-j'ai rien compris aux règles, je récupère l'objet. Ça freine comme ça n'a jamais freiné, que je pourrais bien faire le grand soleil avec, vu que j'ai plus l'habitude. 32 euros ! pour, sans doute, une demi-heure de boulot, des câbles, des patins, de la gaine à câble, deux ou trois bricoles dont je sais même pas le nom, et même une giclée d'huile sur la chaîne, que je lui ai même pas demandée. "Vous êtes ouvert quels jours ? " m'enquiers-je comme si je voulais tout savoir de sa vie. Je m'apprête à lui demander s'il est de garde les jours fériés, s'il sera là à Noël, le 15 août, dans un mois, dans dix ans... Je veux pas qu'il ferme, je veux pas qu'il prenne sa retraite, je veux pas qu'il meure, jamais !
Quand je vous dis que j'ai pété un câble, finalement ...

1 commentaire:

LESA FAKER a dit…

la prochaine fois tu m'appelles et j'arrive avec mon kit d'urgence.

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